Le Kung-fu, bien plus que des arts martiaux chinois

Le Kung-fu, bien plus que des arts martiaux chinois

Le Kung-fu (功夫 gōngfū) est probablement l'un des éléments les plus reconnus de la culture chinoise, ayant fait son chemin vers le public international à travers les films et les séries télé. Le terme Kung-fu est largement utilisé pour décrire une partie importante des arts martiaux chinois dans le monde contemporain, mais il désigne également tout accomplissement individuel obtenu après un travail acharné.

Il est indiscutable que le Kung-fu joue un rôle de premier plan dans le façonnement des croyances spirituelles, des identités et de la vie quotidienne des Chinois. Mais pour bien comprendre son importance, il faut replacer cette pratique dans le contexte des différents changements et événements qui, au fil du temps, ont sculpté le paysage culturel de la Chine.

En tant que tel, le Kung-fu ne peut être dissocié de l'ensemble des éléments historiques, philosophiques et religieux que cette pratique a cherché à personnifier. À travers ses différents styles et enseignements, le Kung-fu vise à incarner les idéaux et les principes d'une culture vieille de plus de cinq mille ans.

Qu'est-ce que le Kung-fu ?

Kung-fu est la lecture cantonaise de 功夫 (gōngfū en mandarin). Le terme a été introduit dans les années 70 lorsque les premiers films d'arts martiaux chinois, notamment venus de Hong Kong, sont apparus au cinéma en Occident. Pourtant, 功夫 ne signifie pas du tout « arts martiaux ».

功 (gōng) signifie « travail, accomplissement, réalisation ou mérite », et 夫(fū) désigne l'énergie qui a été investie dans l'acquisition de techniques.

Ainsi, le terme Kung-fu n'est pas seulement lié à la connaissance des arts martiaux, car il décrit tout accomplissement individuel obtenu après un travail acharné.

En ce sens, le terme Kung-fu peut être utilisé pour décrire toute compétence obtenue de cette manière, que ce soit en cuisine, en musique ou en peinture.

Le véritable terme pour désigner les arts martiaux en chinois est 武术 (wǔshù), qui n'est pas à confondre avec le « wushu moderne », un sport de compétition créé en Chine après 1949. 武术 (wǔshù), qui signifie l'art du combat, fait ainsi référence à tous les arts martiaux chinois, au même titre que Kung-fu français.

À l'origine, le Kung-fu était une méthode d'entraînement militaire, étroitement liée aux anciennes batailles. Certaines des techniques de combat à mains nues ou avec des armes telles que l'épée, le bâton ou la lance, sont encore utilisés aujourd'hui par les policiers et les soldats.

Pratiqué par les jeunes et les moins jeunes, le Kung-fu reste très populaire en Chine, même s'il ne sert plus à combattre sur les champs de bataille. En fait, il est souvent enseigné et pratiqué à des fins de santé, d'autodéfense ou de loisirs.

Les origines du Kung-fu

Les racines du Kung-fu remontent loin dans le passé, si loin que ses contours sont à peine évoqués dans les mythes, les légendes et les textes disponibles. Une seule chose peut être dite avec certitude : le Kung-fu est aussi ancien que la Chine elle-même.

Les arts martiaux chinois trouvent ainsi leurs racines dans les sociétés primitives, où l'Homme devait chasser et se protéger des ennemis. Au cours de ce processus, ils ont appris à maîtriser certaines des tactiques et techniques de combat de base. Avec l'émergence de la guerre, les techniques de combat individuelles se sont améliorées.

Bien que de nombreuses personnes pensent que les arts martiaux chinois sont nés au temple Shaolin, ce dernier n'a été fondé qu'au 5e siècle.

La première mention du Kung-fu, bien que fragmentaire, se trouve dans les Annales des Printemps et Automnes (春秋, chūn qiū), une chronique des règnes des douze princes de l'État de Lu (770 - 476 avant JC), rédigée sous le règne de la dynastie Zhou.

Les arts martiaux chinois ont longtemps eu une signification philosophique et spirituelle au sein de la culture. Ils se sont développés parallèlement aux idées du confucianisme et du taoïsme au cours de la dynastie Zhou et au-delà.

Par exemple, les taoïstes pratiquaient déjà des exercices similaires aux Qigong dès 500 avant notre ère. À la fin de la dynastie Han, le médecin Hua Tuo (华佗) aurait créé une série d'exercices basés sur cinq animaux (五禽之戏, wǔ qín zhī xì): le tigre, le cerf, l'ours, le singe et l'oiseau. Aujourd'hui encore, il existe une relation étroite entre le mouvement animal et les arts martiaux chinois.

Sous la dynastie Song, les arts martiaux chinois sont entrés dans une phase de maturité, et leur pratique à des fins de musculation est devenue une activité importante chez les personnes aux idéaux élevés comme dans la vie des gens ordinaires. À la même époque, les arts martiaux ont commencé à se ramifier vers d'autres écoles.

À partir de la dynastie Yuan, des centres d'entraînement aux arts martiaux ont été créés, devenant de plus en plus populaires parmi les gens ordinaires. C'est à ce moment-là que le Kung-fu a commencé à prendre sa forme actuelle.

Quels sont les différents styles de Kung-fu ?

Contrairement à de nombreux autres arts martiaux d'Asie de l'Est, le Kung-fu n'est pas un art martial ayant une seule tradition codifiée. C'est plutôt un terme générique qui fait référence aux différentes écoles et styles d'arts martiaux, souvent très distincts, mais qui sont néanmoins similaires dans les mouvements qu'ils adoptent.

Parmi les nombreuses classifications acceptées des styles de Kung Fu, celles de Shaolin (少林) et de Wudang (武当) sont sans doute les plus importantes. D'une part elles divergent philosophiquement, et d'autre part elles se différencient par leur aspect externe et interne.

Temple Shaolin et Monts Wudang : les 2 berceaux du Kung-fu en Chine
  • Le Kung-fu externe (外家, wàijiā) fait appel à la force physique ou musculaire (力, lì) et à la vitesse. Le représentant le plus emblématique est le Kung-fu Shaolin originaire du Monastère Shaolin (少林寺, shàolín sì) situé sur le mont Song dans la province du Henan. Le Monastère Shaolin est d’obédience bouddhiste ;
  • Le Kung-fu interne (內家, nèijiā) se concentre sur la maîtrise de la respiration, la décontraction et des mouvements fluides pour guider le Qi. Le Wudang quan (武当拳, wǔdāng quán) désigne l'ensemble des arts martiaux chinois originaires des Monts Wudang (武当山, wǔdāng shān), montagne sacrée du taoïsme, située dans la province du Hubei. Le Kung-fu interne se décompose en trois grands styles : le Taijiquan, le Xinyiquan et le Baguazhang.

Le Kung-fu Shaolin

Le Kung-fu Shaolin (少林功夫, shàolín gōngfū) est un type d'art martial pratiqué par les moines dans le cadre de la culture bouddhiste Chan (ou Zen) du Monastère Shaolin.

Le Kung-fu Shaolin est un système technique et théorique complet qui repose sur les compétences et les actions des arts martiaux comme forme de performance et sur les croyances bouddhistes et la sagesse zen comme signification culturelle.

C'est l'un des plus anciens styles d'arts martiaux chinois ; le Temple Shaolin et sa profonde influence font partie intégrante de l'histoire du Kung-fu et de son développement ultérieur.

Les arts martiaux exigent non seulement une pratique physique, mais aussi la connaissance de notre monde intérieur. Les premiers moines Shaolin croyaient que la discipline du corps, et des styles de respiration qui y sont associés, pouvaient favoriser la recherche spirituelle.

La combinaison de l'esprit et des mouvements est appelé « l'union du Zen et de la technique » (禅武合一, chán wǔ hé yī) en chinois. Dans le Kung-fu Shaolin, la pratique des arts martiaux et la méditation s'entremêlent l'une à l'autre.

La compréhension totale de ce concept est la quête perpétuelle des moines Shaolin pour atteindre le plus haut niveau d'entraînement.

Cette combinaison de discipline mentale et physique dans un seul et même sport a été fortement encouragée par les moines de Shaolin et est toujours au cœur de l'entraînement et des pratiques des arts martiaux aujourd'hui.

Le Taiji quan, ou Tai-chi

Le Taiji quan (太极拳, tàijíquán), plus communément appelé Tai-chi, a été à l'origine développé comme un art martial très efficace. Il est aujourd'hui pratiqué par des personnes de tout âge, pour l'entraînement à la défense, les bienfaits sur la santé et la méditation.

En tant que style le plus représentatif du kung-fu interne, il se base sur des exercices doux et insiste sur le développement d'une force souple et dynamique appelée Jìn (勁), par opposition à la force physique pure Lì (力).

Le Taiji quan repose sur la compréhension des changements constants dans la relation entre le Yin et le Yang. En comprenant cette théorie, l'Homme sera en mesure d'entraîner correctement son corps, de maintenir sa force physique et énergétique, et de gagner en longévité.

La philosophie du Taiji fait référence à une ancienne idée taoïste qui est au cœur de toute existence : le Wújí (无极), ou singularité ultime, un état cosmique de non-dualité et de non-polarité. On peut le considérer comme l'état de l'univers avant le Big Bang, alors que toutes choses étaient une, et que tout était contenu dans la Source unique.

Le Taiji est la force dynamique qui fait à la fois éclater le Wújí, et rassemble toutes choses à nouveau en équilibre. La force du Taiji est donc ce qui aboutit à la dualité ou à la polarité, et cela est représenté dans la philosophie taoïste du Yin et du Yang, les deux forces opposées mais complémentaires dans l'univers.

Le but ultime de la culture spirituelle des moines taoïstes est de se réunir avec l'esprit naturel, l'état de Wújí. Pour atteindre cet objectif, ils doivent cultiver leur nature humaine et la nourrir (discipliner leur tempérament).

Le Xinyi quan

Le Xingyi quan (形意拳, xíngyìquán) est le plus ancien et le plus agressif des arts martiaux internes. Xing(形) fait référence à la forme ou à la silhouette et Yi(意) à l'esprit ou à l'intention. Le Xingyi Quan est ainsi communément appelé « la boxe de la forme de l'esprit ».

Ce nom illustre le fait que la forme que prend le corps est une manifestation externe de l'état d'esprit interne. L'esprit visualise une forme et le corps prend cette forme. L'esprit visualise l'adversaire et l'état du combat, et crée la forme qui donnera un avantage stratégique.

Le corps passe ensuite de l'immobilité totale à des frappes rapides et coordonnées. On dit que « lorsque le poing arrive, le corps entier arrive ».

La pratique du Xinyi quan consiste en une méditation debout et la répétition linéaire de cinq techniques correspondant aux cinq éléments de la nature dans la philosophie taoïste (Bois, Feu, Terre, Métal, Eau).

Dans le modèle médical traditionnel chinois, la Philosophie des Cinq Éléments tient une place importante. Il y a 10 organes internes principaux, 5 Yin et 5 Yang, chaque paire étant associée aux 5 éléments. Les mouvements du Xinyi quan sint ainsi étroitement liés à la fois à la médecine chinoise et à la théorie des cinq éléments, et contribuent en fait à renforcer les organes internes correspondants.

Le Xingyi quan a en commun avec le Taiji quan l'importance d'avoir un alignement corporel correct, des muscles détendus et l'utilisation de l'esprit pour développer et diriger la puissance. L'entraînement se fait également en mouvements lents.

En revanche, le Xingyi quan cherche à pousser l'adversaire au sol le plus tôt possible avec des attaques destinées à le submerger. C'est principalement un système à courte portée qui attaque et défend simultanément.

Le Baguazhang

Le Baguazhang (八卦掌, bāguàzhǎng) ou littéralement « paume des huit trigrammes », est le plus jeune des trois principaux arts martiaux internes chinois. Il a été créé au 19e siècle par Dong Haichuan, qui a appris auprès de maîtres taoïstes dans les montagnes de la Chine rurale du Hebei.

Dong Haichuan a combiné ses connaissances en arts martiaux avec une forme de marche en cercle méditative taoïste pour créer un nouvel art martial.

L'un des aspects les plus célèbres de Baguazhang est la « marche en cercle ». Il s'agit d'un outil de formation où les pratiquants marchent autour du bord d'un cercle tout gardant des postures statiques, puis s'entraînent à différentes techniques de changements de paume lorsqu'ils changent de direction.

Alors que la plupart des arts martiaux s'engagent avec un adversaire dans une position fixe de face, un combattant de Baguazhang peut attaquer ou se défendre en marchant, tout en changeant constamment de direction, en réponse à la qualité spontanée et « vivante » du combat.

Baguazhang est également célèbre pour son utilisation de paumes ouvertes plutôt que de poings fermés, qui peuvent ainsi pénétrer la garde de l'adversaire. Cependant, ce style de Kung-fu utilise également toute une série de techniques de frappes, avec toutes les parties du corps.

Comme les autres arts martiaux internes, le Baguazhang est à la fois une stratégie du combat originale (en préférant les contournements), une gestuelle de santé, et une discipline spirituelle. La marche en cercle tout en maintenant des postures statiques est également une méthode de méditation efficace.

Le Qigong

Le Qigong (气功, qìgōng) n'est pas vraiment un art martial chinois, mais en est une composante. Le terme signifie littéralement « travail du Qi » ou « maîtrise du Qi ».

Il s'agit en fait d'exercices de respiration basés sur la maîtrise du souffle, mais il ne s'agit pas seulement d'agiter lentement les bras et de respirer profondément.

Le Qigong est, par définition, toute activité, exercice ou mouvement dans lequel vous améliorez votre flux sain d'énergie.

Les différentes écoles et styles de Kung fu ont leur propres exercices de Qigong, allant d'un entraînement très dur pour les styles externes, à des pratiques douces pour les styles internes, dans le seul but de maitriser le Qi. La façon dont ce Qi est ensuite utilisé dépend du type de Qigong que vous pratiquez.

Cependant, le Qigong est aujourd'hui pratiqué comme une forme de médecine, afin de préserver sa vitalité et améliorer sa santé. C'est à la fois un bon moyen de se tenir en forme tout en attachant de l'importance à la respiration profonde comme moyen de se détendre.

Le Kung-fu, plus une philosophie qu'un style de combat

Le kung-fu est très apprécié dans la culture chinoise, car il enseigne le respect, la patience, l'humilité et la moralité. Alors que certains systèmes d'arts martiaux sont ancrés dans la violence extrême et l'agressivité, le Kung-fu soutient que l'égoïsme et la colère s'effondrent devant un esprit calme et paisible, et que ces émotions négatives peuvent être utilisées contre un agresseur.

Beaucoup de gens ont une idée fausse que les arts martiaux ne concernent que les combats, alors qu'il s'agit d'améliorer votre sagesse.

Si le concept de Kung-fu n'est connu de beaucoup en Occident que par le biais de films de combat d'arts martiaux, nous avons vu en introduction que le kung-fu incarne bien plus que le combat. En fait, toute capacité résultant de la pratique et de la culture pourrait être considérée avec précision comme incarnant du Kung-fu.

Pendant les dynasties Song et Ming, le terme Kung-fu a été largement utilisé par les néoconfucéens, les taoïstes et les bouddhistes pour se référer à l'art de vivre sa vie en général, et ils ont tous parlé sans équivoque de leurs enseignements comme étant différentes écoles de Kung-fu.

Cette large compréhension du Kung-fu est une clé (bien qu'elle ne soit en aucun cas la seule clé) à travers laquelle nous pouvons commencer à comprendre la philosophie traditionnelle chinoise et les endroits où elle rencontre et s'écarte des traditions philosophiques de l'Occident.

L'essence du Kung-fu est souvent difficile à digérer pour ceux qui sont habitués à la saveur et à la texture de la philosophie occidentale dominante.

Le rôle du Kung-fu dans la culture chinoise

La signification du Kung-fu est profondément ancrée dans les multiples facettes de la culture et de l'histoire chinoises, et a remarquablement persisté dans la culture moderne également. L'aspect le plus fascinant du Kung Fu est peut-être qu'il est le produit de la fusion d'innombrables éléments qui ont, d'une manière ou d'une autre, laissé leur empreinte sur l'art martial.

Au fil du temps, le Kung-fu a été un ambassadeur fidèle de la pensée philosophique chinoise. En effet, par la mise en pratique de ses concepts et de ses croyances, l'art martial s'est révélé être un compagnon indéfectible de l'héritage philosophique de la Chine.

Le confucianisme, d'une part, considérait le Kung-fu comme bénéfique au bien-être individuel et social, et voyait dans l'art martial un ingrédient presque obligatoire d'une bonne éducation.

Monastère Shaolin

Le concept taoïste du Ying et du Yang, les opposés universels, est également lié dans une large mesure aux techniques qui constituent le Kung-fu. Le taoïsme et le bouddhisme considèrent les arts martiaux chinois avec le plus grand respect, pour leur capacité à intégrer et à nourrir, par leur pratique, les paradoxes de la réalité ainsi que ceux de l'existence.

Mais l'idée la plus importante au cœur du Kung-fu est peut-être le Qi, l'énergie condensée qui forme la vie elle-même, qui circule dans le corps humain, et qui a la capacité de le réalimenter en vitalité. Le Qigong, une pratique ancrée dans la médecine traditionnelle chinoise qui cherche à cultiver et à contrôler le Qi, a été étroitement associé à la manière dont le Qi est traité dans les enseignements du Kung-fu.

Le développement du Kung-fu a également laissé dans son sillage des influences dans la vie spirituelle et religieuse chinoise. Les monastères bouddhistes et taoïstes ont toujours été des sanctuaires qui ont contribué au développement des arts martiaux.

Le Monastère Shaolin, certainement le plus célèbre de tous les monastères Kung-fu, est un centre du bouddhisme Chan, l'école chinoise du bouddhisme Mahayana.

Le complexe taoïste de Wudang a également été un des plus éminents centres de kung-fu. Intimement lié aux styles de Kung-fu dits internes, l'influence taoïste s'est manifestée par une approche plus contemplative et spirituelle de la pratique. La diffusion des croyances taoïstes dans le monde des arts martiaux n'a fait que renforcer l'attrait et l'intérêt de la population pour le Kung-fu.

En raison de l'innombrable mélange d'influences et d'interactions qui ont façonné sa pratique, le Kung-fu est largement considéré comme la manifestation de la diversité culturelle chinoise.

Le Kung-fu dans les œuvres littéraires

Dans le monde de l'art littéraire, le Kung-fu s'est révélé être une source d'inspiration fertile et éternelle. Le célèbre genre Wuxia (武侠, wǔxiá) qui signifie littéralement « héros martial, » ou « chevalerie martiale » en chinois, raconte les histoires de ceux qui errent dans le royaume au temps de la Chine ancienne, et combattent le mal.

La plupart des héros ont souvent issus des classes sociales inférieures de l'ancienne société chinoise, experts en arts martiaux et épris de justice.

Ils respectent un code de chevalerie qui les oblige à se battre pour le bien, à éliminer les oppresseurs et à punir les crimes du passé.

Les contes Wuxia apparaissent sous la dynastie Tang (618-907), puis deviennent populaires à l'époque Song et rencontrent toujours un certain succès aujourd'hui. Deux de ces romans, « l'Histoire des Trois Royaumes » et « Au bord de l'eau », écrits pendant la dynastie Ming, sont largement considérés comme faisant partie des plus grands romans classiques de la littérature chinoise.

Ces œuvres, avec leurs descriptions élaborées du combat rapproché et du code d'honneur du guerrier, ont donné le ton et auront une influence conséquente sur les Wuxia ultérieures, qui ont suivi de près les nouvelles normes établies.

Les films Wuxia sont les souvenirs d'enfance de générations de Chinois. Qu'il ait grandi dans une grande ville ou dans une petite, il est probable que chaque Chinois ait vu au moins un film de ce genre. Plus récemment, les clips musicaux se sont également emparés de ce style.

Le Kung-fu au cinéma

Outre les dragons mystérieux et les lampions colorés, l'une des premières choses qui vient à l'esprit des gens à l'évocation de la Chine est très certainement le Kung-Fu et les films d'arts martiaux, qui ont vu le jour à Hong Kong dans les années 1960 à 1980.

Une marée sans précédent d'œuvres cinématographiques mettant en scène des stars telles que Bruce Lee, Jackie Chan et Jet Li a célébré cette pratique, ce qui a conduit la popularité du Kung-fu de s'intensifier au-delà des frontières chinoises.

Bruce Lee a donné à ce genre une renommée internationale, contribuant à changer la façon dont les Asiatiques étaient perçus à Hollywood et attirant l'attention sur la culture chinoise. Il a contribué à faire du Kung-fu, non seulement un phénomène de culture populaire, mais aussi un symbole du nationalisme chinois.

Alors que Bruce Lee était un professionnel très sérieux qui incarnait l'aspect « dévotion totale » du Kung-fu, Jackie Chan a apporté une atmosphère plus comique et légère au genre avec des classiques comme dans le film « Le Maître chinois » qui le propulsera définitivement sur la vague du succès.

Plus récemment, des films comme « Tigre et Dragon » ou la trilogie « Matrix » ont redonné un nouveau souffle aux films d'arts martiaux.

Alors qu'à travers le cinéma, le Kung-fu a pu atteindre un public international, sa pratique est devenue une passion partagée par des millions de pratiquants dans le monde.

Le kung-fu est-il toujours pratiqué en Chine ?

Si pour beaucoup d'occidentaux, tous les Chinois pratiquent le Kung-fu (et sont même de redoutables combattants), la réalité est toute autre. C'est une discipline qui est en déclin depuis des années.

Il y avait de nombreuses raisons pour lesquelles les Chinois pratiquaient le Kung-fu comme une activité à plein temps, raisons qui ne sont plus valables aujourd'hui :

  • Les activités récréatives de l'époque étaient assez limitées, la pratique des arts martiaux était donc un bon moyen de s'occuper et de faire de l'exercice. Aujourd'hui, les Chinois ont beaucoup plus de possibilités de faire du sport ;
  • Les arts martiaux pouvaient être pratiqués à des fins d'autodéfense, pour protéger sa famille et venir en aide aux autres. La société chinoise a bien changé, les problèmes d'insécurité de l'époque n'existent plus, le pays est même devenu l'un des plus sûrs du monde ;
  • Autrefois, le statut social d'une personne dépendait en grande partie de son niveau en arts martiaux. Plus on atteignait un niveau élevé, plus on était respecté par les autres. À notre époque, la réussite sociale est bien plus facile en étant salarié ou en créant son entreprise. La pratique unique des arts martiaux ne permet généralement pas à d'avoir un avenir brillant ;
  • Pratiquer les arts martiaux permettait plus facilement d'intégrer l'armée, mais aujourd'hui les équipements et les armes modernes de haute technologie ont rendu les arts martiaux inutiles ;
  • La pratique des arts martiaux demande beaucoup de temps et d'énergie, ce qui risque de nuire à la carrière, sans parler de l'achat d'une maison ou d'une voiture. Après tout, il faut un jour construire sa propre famille, ce qui exigera certainement une bonne carrière et un statut financier stable ;
  • Les parents souhaitent tous que leurs enfants soient admis dans de bonnes universités, ce qui les aidera à obtenir un meilleur emploi à l'avenir. Certains étudiants sont surchargés par les études, et il leur est impossible de consacrer du temps à la pratique des arts martiaux.

Dans les années 1980, le gouvernement chinois a décidé que l'état des arts martiaux en Chine avait pris du retard, notamment face aux écoles japonaises, malgré le fait que le Kung-fu Shaolin ait été la principale influence motrice des arts martiaux en Asie pendant des centaines d'années.

Il existe aujourd'hui 40 écoles d'arts martiaux en Chine, qui sont appréciées dans le système éducatif chinois pour maintenir vivante l'école de connaissances des arts martiaux et pour enseigner la discipline.

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