Dynastie Jin, et période de turbulences entre Nord et Sud

Dynastie Jin, et période de turbulences entre le Nord et le Sud

Après la chute des Han, la Chine des dynasties impériales s'est effondrée. La dynastie Jin (晋, jìn) a été fondée par Sima Yan en 265, mais elle est rapidement confrontée à des invasions, des guerres et des crises de successions qui vont mener l'empire au chaos et à la division. Jusqu'en 589, c'est l'histoire de royaumes et de dynasties de courte durée qui n'ont jamais amené la Chine sous un régime unifié.

Chute des trois royaumes et création de la dynastie Jin

En l'an 220, l'empire Han se divisait en trois royaumes : Wei, Shu et Wu. Cette période d'États rivaux a été appelée la période des Trois royaumes. L'état de Wei, dirigé par le clan Cao, se trouvait au nord du Yangtsé et était. À partir de l'an 263, ils lancent une attaque contre les Shu qui doivent battre en retraite.

En 265, en tant que chancelier du royaume de Wei, Sima Yan (司马炎, sīmǎ yán) a forcé le dernier empereur de Wei à abdiquer de son trône, se proclama empereur Wu à Luoyang et instaura la dynastie Jin. En 280, il a envoyé ses troupes pour attaquer le royaume de Wu et unifie toute la nation.

Si l'unité fut brièvement rétablie dans les premières années, le faible gouvernement central était incapable de contrôler les activités des nombreuses tribus non-chinoises qui s'étaient installées au siècle précédent dans le nord de la Chine.

Le peuple nomade Xiongnu (qui sera plus tard connu sous le nom de Huns) avait déjà été, sous la dynastie Han, une source occasionnelle de conflits dans le nord-ouest de la Chine.

Le peuple Xiongnu faisait partie d'une alliance de peuples barbares du Nord-Ouest. En lançant des attaques ils réussirent à briser l'unité et la stabilité de la dynastie Jin. En 317, la cour fut contrainte de fuir Luoyang et s'installa à Jiankang (maintenant Nanjing).

L'aristocratie du nord, qui était venue avec la cour impériale au Sud-Est, a dû s'arranger avec les puissants magnats locaux de la région du bas Yangtsé, et la famille dynastique Sima n'a jamais réellement pu prendre le contrôle du sud de la Chine. La dynastie orientale des Jin n'était donc que le précurseur d'une série de dynasties qui ont fini par régner sur la Chine du Sud.

Division entre dynasties du Nord et du Sud

Au début du 5e siècle, la Chine est ainsi entrée dans une période connue sous le nom de dynasties du Nord et du Sud, au cours de laquelle des régimes parallèles ont régné sur les deux moitiés du pays.

La Chine du Nord s'est fragmentée en une série de royaumes indépendants au cours de la période des Seize Royaumes, marquée par une série de conflits et des royaumes qui finissent par s'éteindre au bout de deux ou trois générations. Cet état de guerre permanent a ravagé le Nord et a provoqué une migration massive vers le sud, dans le bassin et le delta du Yangtsé.

Au sud, les successeurs des Jin de l'Est étaient des Han et utilisaient Jiankang (Nanjing) comme capitale. Ils ont repoussé les attaques du nord et préservé de nombreux aspects de la civilisation chinoise, tandis que les régimes barbares du nord commençaient à sombrer.

Il s'agit d'une période sombre de l'histoire chinoise, qui n'a pris fin que lorsque la Chine a été réunie par la dynastie Sui en 581 qui est normalement considérée comme un successeur direct des dynasties du Nord.

Les longs siècles de division ont créé une distinction claire entre la Chine du Nord, pays pauvre avec une culture d'élite guerrière, et la Chine du Sud, pays riche et culturellement avancé sous la direction d'une élite éduquée.

Il s'agit toutefois d'une période charnière, car le processus de sinisation s'est accéléré chez les arrivants non-chinois au Nord et chez les tribus autochtones au Sud. Ce processus a également été accompagné par la popularité croissante du bouddhisme, aussi bien dans le Nord que le Sud de la Chine.

x
Que voulez-vous savoir sur la Chine ?