Pourquoi la Chine est accusée du génocide des Ouïghours ?

Pourquoi la Chine est accusée du génocide des Ouïghours ?

L'Assemblée Nationale française a adopté une résolution dénonçant le génocide des Ouïghours par la Chine. Sans surprise, cette décision dans la lignée de celle de l'administration américaine afin de reconnaître les violences contre cette minorité musulmane consécutives de crimes contre l'humanité. Sauf que les mots ont un sens, et nos politiques feraient bien mieux de travailler le fond du dossier plutôt que de voter une décision purement politique.

L'accusation de génocide a été la première fois portée le dernier jour de l'administration de Donald Trump par le secrétaire d'État de l'époque, Michael Pompeo, le jour où il faisait ses valises pour quitter ses fonctions. Cette accusation n'a pu être possible que lorsque l'administration Trump a retiré le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO) de la liste des groupes terroristes1.

Comme les terroristes du MITO n'étaient plus un problème pour les États-Unis, la Chine perdait la légitimité internationale de sa campagne contre ce groupe terroriste. S'il n'y avait pas de terroristes à combattre, la politique antiterroriste chinoise peut alors, de facto, être qualifiée de répression ethnique et de persécution religieuse.

Les Américains étaient, selon eux, légitimes de bombarder l'Afghanistan, le Pakistan et l'Irak, pour mettre fin au terrorisme des groupes islamiques après les attentats de septembre 2001, conduisant à des violations répétées du droit international, à des effusions de sang massives et en faisant un demi million de morts2. Mais lorsque la Chine tente de mettre fin au terrorisme sur son territoire, elle est accusée de génocide par les Américains eux-mêmes. Quelle ironie.

Génocide, un mot qui a un sens

Une accusation aussi grave est importante, car le génocide est, à juste titre, considéré comme « le crime des crimes ».

L'accusation de génocide ne devrait jamais être portée à la légère. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 19483, définit clairement cette notion.

Selon la Convention, le génocide s'entend d'un certain nombre d'actes commis dans l'intention de détruire, intégralement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux tels que : le meurtre de membres du groupe ; l'atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; l'application des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; et le transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.

Il y a donc cinq actes identifiés ; un seul suffit à saisir les tribunaux internationaux.

Cette accusation de génocide est un surtout un coup politique contre la Chine, et cela en restera certainement à ce niveau de bassesse, parce que les tribunaux exigeront des preuves de l'intention de détruire physiquement un groupe.

Les mots ont un sens, aussi bien génocide que « camp de concentration » qui est sans cesse utilisé dans les médias. La référence est évidente : les camps d'extermination nazis où 6 millions de Juifs sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est là que tant de Juifs ont été massacrés : gazés, brûlés vifs ou alignés contre un mur et abattus. Le traitement des Juifs était un génocide.

Que vaut cette comparaison entre les centres de rééducation chinois et les camps de concentration nazis ? Est-ce que la Chine tue des gens dans des camps ? Est-ce que l'on a la moindre preuve physique d'une extermination massive d'une communauté en Chine ?

Je sais pertinemment qu'en lisant ces lignes, certains vont penser que je suis un négationniste. Le négationnisme consiste en un déni de faits historiques, malgré la présence de preuves flagrantes ; où sont les preuves ?

Alors que certains « experts » utilisent les images satellites pour tenter d'aller dans le sens de leurs affirmations, aucun n'a pu mettre en évidence des cimetières ou des lignes de trains vers des camps d'extermination. Alors que les seules « preuves » sont des témoignages, aucune personne n'a simplement évoqué des fours à gaz ou des meurtres en masse. Alors que plusieurs centres de rééducation sont clairement identifiés, aucun journaliste n'a pu entrevoir des crématoriums dégageant de la fumée ou des fosses d'inhumation.

Il y a d'autres allégations à prendre en compte, mais il convient de reconnaître que les types de preuves largement reconnues pour l'holocauste, sont clairement absentes des allégations relatives au prétendu génocide des Ouïgours.

Qu'est-ce qui pourrait constituer une preuve de génocide en Chine ?

L'accusation de génocide est principalement alimentée par des « études » de Adrian Zenz, considéré comme l'expert incontesté du Xinjiang, alors qu'il ne connaît rien de la région, que ses papiers ne respectent aucun standard académique et sont truffés d'incohérences.

Internement de masse

Les études de Adrian Zenz font ainsi référence à l'internement massif de peut-être un million d'Ouïghours. S'il est prouvé (même si le nombre annoncé semble irréaliste), cela constituerait une violation flagrante des Droits de l'Homme. Mais il ne s'agit pas d'une preuve en soi d'une intention d'extermination des Ouïghours.

Combien de Ouïghours seraient enfermés dans des camps ?
Certains médias avancent plusieurs millions. Sur quels éléments se basent ces estimations du nombre de Ouïghours réellement enfermés ?

Des personnes ont très certainement été forcées d'aller dans ces centres de rééducation alors qu'elles n'avaient rien fait. Il est également très probable que des actes de violence ont eu lieu dans ces centres. S'ils doivent être fermement condamnés, rien ne prouve qu'il y avait une intention de l'état de mener une politique répressive.

Les Xinjiang Papers n'apportent aucun élément permettant d'affirmer que la répression visait spécifiquement les Ouïghours. Au contraire, pour celui qui veut bien les lire, ils présentent très clairement la volonté de l'état chinois de combattre le terrorisme, l'extrémisme et le séparatisme.

Contrôle des naissances

Les rapports font référence aux politiques agressives de contrôle des naissances de la Chine, ce qui irait dans le sens de « l'application des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe », un autre des cinq actes de génocide reconnus.

À partir de 1979, la Chine appliquait strictement une politique de l'enfant unique aux Hans, mais ces mesures ne s'appliquaient pas aux minorités ethniques, y compris les Ouïghours.

Aujourd'hui, la politique de l'enfant unique n'est plus appliquée à la majorité chinoise Han, mais des mesures plus strictes ont été imposées à la minorité musulmane du Xinjiang, dont les familles sont traditionnellement plus grandes que la moyenne chinoise. Pourtant, le Xinjiang enregistre un taux de croissance démographique global positif, la population Ouïghoure a continué d'augmenter plus rapidement que la population non Ouïghoure dans la région.

Les rapports qui indiquent le contraire ne présentent que les données d'un canton, ce qui est totalement biaisé. Une baisse dans un canton, en notamment sur une courte période, est insuffisant pour refléter un changement global dans une ville ou une province qui fait 3 fois la taille de la France !

Les Ouïghours sont-ils soumis à des stérilisations forcées ?
Parmi les innombrables pratiques présumées que la Chine mènerait dans le Xinjiang, la stérilisation forcée serait le crime odieux qui sous-entend un génocide.

Séparation des familles

Les références au cinquième critère de la définition du génocide, le transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe, sont édifiantes de malhonnêteté. Le gouvernement chinois séparerait les familles Ouïghoures, enlèverait de force les enfants ouïghours de leur famille pour les placer dans des orphelinats gérés par l'État.

Au-delà des mythes journalistiques, ceux qui mettent en avant ce point feraient mieux de se référer aux sources de ces affirmations et de lire les documents qui servent de « preuves ». Le taux de scolarisation des enfants était très bas, car souvent, ils étaient livrés à eux-mêmes pendant que les parents allaient travailler, parfois loin.

Lorsque le gouvernement chinois ordonne que ces enfants aillent à l'école, les médias occidentaux s'indignent. Lorsque des internats gratuits sont proposés aux enfants des familles les plus pauvres, on accuse la Chine de séparer les familles. Quelle hypocrisie.

Les enfants Ouighours sont-ils endoctrinés dans des écoles ?
La Chine tenterait de séparer les enfants de leur famille pour leur faire subir un véritable lavage de cerveau et leur inculquer l’idéologie du Parti Communiste.

Destruction de la culture Ouïghoure

Pékin mènerait une politique d’assimilation forcée des Ouïghours, en effaçant progressivement toute trace de leur culture. Les détenus sont contraints de dénoncer leur religion, interdits de parler leur langue et apprennent à adopter les normes des Hans.

Visiblement, ceux qui prétendent cela n'ont jamais visité le Xinjiang ni même vu des photos ou des vidéos. Les écritures en Ouïghour sont partout, même sur les billets de banque !

Il est également allégué que le Xinjiang a interdit aux élèves des minorités ethniques d'utiliser leur propre langue et a fermé les écoles qui enseignent en langue Ouïgoure. C'est faux. Bien que le mandarin soit enseigné dans les écoles, elles proposent également des cours dans les des groupes minoritaires. Le chinois est la langue officielle, parlée par presque 1,3 milliards de personnes en Chine. C'est la langue du commerce, des affaires, de l'ingénierie. Connaître le Chinois c'est avoir des opportunités d'emploi qui seraient inaccessibles en parlant uniquement le Ouïghour.

Le Chinois est d'ailleurs enseigné partout dans le monde, dont la France, car sa connaissance sera de plus en plus une exigence pour les échanges internationaux.

Prélèvements forcés d'organes sur des prisonniers

Les Ouïghours, en tant que communauté musulmane, serviraient de « réservoir d'organes » pour de riches musulmans en attente de greffe. L'accusation part du principe que si la Chine propose un bilan de santé gratuit à la population du Xinjiang, avec parfois des radios ou des échographies, c'est pour créer une immense banque de données sur des organes. En fonction de la demande, les Ouïghours compatibles seraient arrêtés, tués, et leurs organes récupérés pour être envoyés au Moyen-Orient.

Évidemment, les preuves avancées sont toutes aussi ridicules les unes que les autres et cette farce n'est qu'un mauvais recyclage des même accusations à propos des membres du Falun Gong, qui n'avaient jamais pu être prouvées malgré les nombreuses enquêtes de plusieurs gouvernements.

Pourquoi parle-t-on de vols d'organes sur les Ouïghours ?
La Chine vendrait les organes de prisonniers Ouïghours aux riches du Moyen-Orient. Car prélevés sur des musulmans, ces organes seraient Halal.

En l'absence de tribunal officiel, fabriquons-en un !

Au cours des dernières décennies, les principaux tribunaux des Nations Unies ont confirmé que l'accusation de génocide exige des preuves à un niveau très élevé de destruction physique intentionnelle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

Les experts de l'ONU appellent, à juste titre, à enquêter sur la situation au Xinjiang. Le gouvernement chinois a toujours déclaré qu'il accueillerait favorablement une mission de l'ONU au Xinjiang, à condition qu'elle soit basée sur « les échanges et la coopération », et non sur « la preuve avant d'être prouvée ».

Selon la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », la détermination du crime de génocide nécessite des procédures juridiques à la fois strictes et faisant autorité. Aucun pays, organisation ou individu n'a la qualification et le pouvoir de déterminer arbitrairement que d'autres pays ont commis un « génocide ».

Alors qu'est-ce que le « Tribunal Ouïghour » ? Cela sonne comme quelque chose d'officiel, cela semble officiel, alors que cela ne l'est absolument pas.

Le Tribunal ouïghour a été créé au Royaume-Uni sous la forme d'une société privée à responsabilité limitée. C'est une organisation civile non-gouvernementale et elle n'a rien à voir ni avec la loi, ni avec la justice. Elle n'a aucune compétence juridique, on ne devrait même pas l'appeler un tribunal, mais plutôt un théâtre.

Pourquoi le Tribunal Ouïghour est-il une farce ?
Le résultat était déjà connu d'avance, il s'agissait d'un tribunal à charge afin de diffuser des allégations de persécution des Ouïghours auprès des occidentaux.

En l'absence de preuves tangibles, ce tribunal n'a pu se baser que sur des témoignages, dont il a été prouvé que certains étaient complètement faux, ou bien des études complètement biaisées.

Après un an et demi « d'enquête », ce tribunal citoyen est réuni depuis juin 2021 pour caractériser le crime de génocide et les crimes contre l'humanité de la Chine envers les Ouïghours. Le 9 décembre 2021, le verdict est tombé : la Chine est responsable d’un génocide.

Ce verdict n'est pas une surprise, car le résultat était déjà connu d'avance. Tout a été orchestré et financé par les Etats-Unis et les membres de ce tribunal ont des positions clairement anti-chinoises. Peut-on vraiment parler d'indépendance ?

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Références

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