Une région riche en matières premières
Il existe plusieurs sites pétroliers bien connus à l'extérieur de la ville de Kashgar, dans l'extrême sud du Xinjiang. Le bassin de Tarim est également la plus grande zone pétrolière et gazière de Chine, avec environ 16 milliards de tonnes de réserves de pétrole et de gaz découvertes.
Une nouvelle zone pétrolière et gazière super profonde d'un milliard de tonnes dans le bassin de Tarim1. En raison de sa grande profondeur (presque 8500 mètres), il s'agit cependant de l'une des zones pétrolières les plus difficiles à explorer au monde.

Le Xinjiang fournit également un tiers de la production nationale en gaz naturel, et concentre 40% des réserves nationales de charbon en Chine.
En 2008, un grand gisement d'uranium a été découvert dans le bassin de Yili, une ressource majeure pour le développement de l'énergie nucléaire en Chine. Enfin, la province recèle également de nombreux minerais.
En raison du manque d'infrastructure et de l'éloignement, ces ressources étaient peu exploitées jusqu'à la fin du 20e siècle. Mais après avoir développé les zones côtières, Pékin veut développer les zones reculées ; de gros investissements ont été réalisés dans la région.
Avec des gazoducs et oléoducs géants, le Xinjiang est devenu une grande zone de raffinage de l'industrie pétrochimique et la Chine renforce son indépendance énergétique vis-à-vis du Moyen-Orient.

Il faut toutefois relativiser ce constat. Le pétrole du Xinjiang est compliqué à extraire, et surtout, il s'agit d'un « pétrole lourd », c'est-à-dire qu'il n'est pas récupérable à l’état naturel au moyen d’un puits et de méthodes de production conventionnelles. De plus, le sud du Xinjiang, là où vivent majoritairement les Ouïgours, il y a encore moins de pétrole et de nombreuses sociétés d'exploration pétrolière du Xinjiang ont subi des pertes.
Prétendre que la Chine veut garder la main mise sur la région pour les réserves de pétrole, est assez loin de la vérité. L'enjeu est plutôt de garder le contrôle sur un point de passage des approvisionnements, comme nous allons le voir plus loin.
Le Xinjiang, une région clé pour la production d'électricité verte
La forte croissance économique de la Chine ne s'est pas faite sans un impact sur l'environnement. Même si les énergies fossiles restent encore majoritairement utilisées, le gouvernement chinois s'est engagé depuis quelques années, dans une démarche de développement durable sans précédent.
L'éolien tient une place de plus en plus significative et en 2019 le pays s'est hissé au 1er rang mondial pour la production d'électricité éolienne. C'est aussi, depuis 2010, le numéro un mondial dans la fabrication de systèmes éoliens.
Un immense parc éolien est ainsi installé à Dabancheng, une petite ville entre la capitale régionale, Ürümqi, et le bassin de Turpan. Plus de 300 éoliennes s'étendent sur environ 80 kilomètres, alimentant Ürümqi avec une électricité propre constante.

Le développement d'autres sources d'énergie propre, y compris l'énergie solaire, la biomasse et l'énergie nucléaire, s'est également accéléré.
La Chine est le plus grand fabricant mondial de technologie de panneaux solaires. Avec de vastes étendues désertiques, il y a beaucoup d'espace dans le Xinjiang pour construire des centrales photovoltaïques et l'ensoleillement y est à la fois important et relativement constant.
Une région avec une importante production de coton
L'industrie du coton a une longue histoire dans le Xinjiang, le coton y est cultivé depuis plus de 1000 ans et il est réputé pour sa grande qualité. En 2020, 87% du coton produit en Chine provenait du Xinjiang. 67% de la consommation totale de coton en Chine pour son industrie textile, provient du Xinjiang .

Contrairement aux accusations de travail forcé, la production du coton est largement mécanisée, surtout dans le nord du Xinjiang où elle atteint 90%. De plus en plus de producteurs utilisent des machines, aussi bien pour la plantation, l'entretien et la récolte. En 20212, plus de 70% des champs de coton ont été récoltés mécaniquement.
Bien que l'industrie textile ne soit plus une priorité pour le gouvernement Chine, elle continue de représenter une part importante de la production et des exports. Les besoins en coton restent importants et la production nationale ne suffit pas. En 2020, plus de 2 millions de tonnes de coton ont dû être importés.
Celui qui contrôle le Xinjiang peut contrôler la Chine
La majeure partie du Xinjiang est désertique, et seules quelques oasis éparses sont propices à l'habitation humaine. Du fait du manque de ressources facilement exploitables, la région a longtemps été très pauvre et peu peuplé. Alors pourquoi la dynastie Qing a-t-elle voulu reprendre ce territoire ?
Ce qui est vraiment important au Xinjiang, c'est sa valeur stratégique. Il s'agit d'une place importante que les nomades et les peuples agricoles se sont disputée sans cesse. Celui qui contrôlait le Xinjiang pouvait contrôler la Chine.
Pour bien comprendre ce point, il faut remonter dans l'histoire des conflits qui ont eu lieu dans cette région.
Le Xinjiang est la seule plaine située entre le plateau mongol et le plateau du Qinghai-Tibet. C'est le seul canal permettant à des forces extérieures de pénétrer en Chine par l'ouest, et c'est également le seul canal permettant à la Mongolie et au Xinjiang de s'unir. Si la Chine perd le Xinjiang, elle ne sera pas en mesure de protéger la Mongolie et le Tibet.
Sans cette zone tampon stratégique, les régions centrales de la Chine pourraient être difficilement défendues. Ainsi, lorsque les Mongols ont contrôlé le Xinjiang, sont passés par le Tibet pour contourner la défense de la dynastie Song pour la vaincre et créer la dynastie Yuan.
Les Britanniques, lors de leur expédition militaire de 1903-1904, n'ont pas réussi à envahir le Tibet parce qu'ils ne pouvaient pas contrôler le Xinjiang. C'est également la raison pour laquelle, depuis la dynasties Han, des troupes stationnent dans la région.
Le Xinjiang, un endroit stratégique pour les nouvelles routes de la soie
Le Nord-Ouest de la Chine a toujours été un lieu de passage pour le commerce. C'est là que passaient les anciennes routes de la soie qui reliaient l'orient et l'occident. En 2013, la Chine a lancé l'initiative Une ceinture, Une route (Belt and Road Initiative), une collaboration entre 139 pays pour développer de nouvelles infrastructures à travers l'Asie Centrale.
La partie terrestre de ce projet a notamment pour but de désenclaver certains pays situés au centre du continent Eurasien et de développer les échanges commerciaux autour d'un axe qui suit globalement les anciennes routes de la soie. D'où le nom des nouvelles routes de la soie.

En raison de sa situation stratégique en tant que frontière la plus occidentale de la Chine qui borde huit pays (la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde), la Région Autonome Ouïghoure du Xinjiang est considérée, à juste titre, comme la porte d'entrée d'une connectivité commerciale et culturelle le long de l'ancienne route de la soie.
L'ouverture du Xinjiang au monde extérieur est une partie importante de l'ouverture du pays à l'Occident. C'est la mission historique menée par le Xinjiang.
Si l'initiative Une ceinture, Une route a reçu un accueil enthousiaste par de nombreux pays asiatiques et de l'Europe Centrale, l'accueil a été plus mitigé du côté de l'Europe Occidentale qui s'est finalement rendue compte que ce projet pouvait vraiment être bénéfique pour tous les pays participants.
Par contre, les Etat-Unis ont vu là un danger pour leur suprématie mondiale. La zone d'influence chinoise allait inévitablement augmenter, de nouveaux partenariats économiques vont se développer entre les pays membres de l'initiative. Et toute la zone risque d'être moins dépendante des importations américaines.
Les Etats-Unis ont vu, avec le Xinjiang, un moyen de briser la Chine de l'intérieur. En exagérant la question des Ouïghours, en propageant des mensonges et en provoquant des conflits ethniques et religieux dans le Xinjiang, ils espèrent empêcher l'essor de la Chine.
Sauf que leur plan malsain ne marche pas. L'initiative Une ceinture, Une route est une réussite, les grands projets d'infrastructure se concrétisent, et une partie des gens commencent à se rendre compte que toute cette histoire de génocide sur les Ouïghours est le mensonge du siècle, dernier baroud d'honneur d'une grande puissance sur le déclin.
Références

