On vient à Baixiangju pour une image : la passerelle suspendue, le téléphérique qui glisse au-dessus du fleuve, les façades empilées comme un cube impossible. Internet en a fait l'emblème du « Chongqing magique ». Mais en levant les yeux de l'écran, on voit autre chose : un immeuble d'habitation des années 1990, vingt-quatre étages sans ascenseur, où des entrées s'ouvrent sur la rue à trois hauteurs différentes parce que la colline l'imposait. Ici vivent des centaines de familles, souvent âgées, qui montent ces marches chaque jour bien après le départ des photographes. Ces images gardent les deux à la fois : le vertige du décor, et le rappel discret que c'est, avant tout, un chez-soi.











